jeudi 4 septembre 2014

PTL 2014, une aventure hallucinante !!

Hallucinante PTL !!!!

Je ne sais pas trop comment se déroulera ce récit, c'est d'ailleurs un peu à l'image de cette aventure : un départ, une arrivée  et  entre deux au maximum 142 h !!!

Alors tout a commencé en octobre 2012 sur le parking de la boulangerie du village de l'èglise où Matthieu L nous textotait la possibilité de s'inscrire à plusieurs équipes sur la PTL 2013 !!

Chose faite, 3 équipes, 9 participants, des partenaires enthousiastes et une motivation à la hauteur de ce que l'on croyait rencontrer : La Petite Trotte !!!


Août 2013 : nos croyances furent broyèes dès la première nuit : rythme, poids du sac, engagement, technicité : une grosse claque !!!
De plus, notre nombre était loin d'être un avantage !!
Malgré cela notre aventure se poursuiva pendant 150 kms et 72h de course !!

Pleins d'enseignements, de frustrations, de remises en cause suivront cette édition, ... certainement nécessaires à la suite ...

Décembre 2013 : ça chauffe dur chez Séb et Matthieu : on y retourne ??? Anthony est partant mais a les rouflaquettes qui commencent à frisotter. 
Quant à moi, biensur que je serai de l'aventure mais avec une impression bizarre de "vouloir tendre l'autre joue pour s'en prendre une deuxième !!" 

Allez gogogo !!!

Premier contre-temps : Février : Matthieu nous annonce une trés bonne nouvelle qui sera aussi la fin de son engagement sur cette PTL (t'inquietes Matt, on a croisé un mec à Cham avec un gros sac qui est motivé à bloc !!)

Ce sera donc une seule équipe : Cotentrail 2

Notre prèparation à cette PTL n'en est d'ailleurs pas vraiment une. On s'est organisé une succession de rendez-vous qui se sont tous révélés être des moments géniaux : le Vulcain/ski en mars, le week-end choc Gypaëte/Allobroges en Juin suivi par une Barjo à bloc, l'Ultra Corsica ....
Et aussi un gros volume d'entrainement en Avril/mai avec nos fameuses fougères et leur dénivelé de 66m !!!




Chamonix 25 Août : ambiance désagréable due au stress, à l'attente, à cette (grosse) prèparation matérielle et à cette sensation désagréable de se jeter dans la gueule du loup et en plus volontairement !!! Faut que ça parte !!!





Alors là, il y a deux tendances, l'une raisonnable qui voudrait un départ, certes rythmé, mais intelligent et l'autre qui envisagerait un départ "à la Lavagnini" !!!

La seconde option est retenue et même pas le temps d'apprécier l'ambiance de folie du départ que nous voilà en tête dans la montée du Brévent !!!


(Vous avez remarqué l'assortiment des couleurs : la classe!!)

Il faut raisonner Anthony pour qu'iĺ ralentisse afin d'être au moins derrière les Finlandais qui connaissent parfaitement le parcours : col du Brévent : 1h37' ...
La suite est tout aussi soutenue jusqu'à la Gare du Buet où 2/3 équipes nous doublent !!!

A ce moment, il est bon de préciser que la PTL est une course qui s'envisage comme une course, certes de 300kms, mais je ne pense pas qu'on ait pu aller plus vite!! 
Ce n'est pas une course contre les autres équipes mais contre les kilomètres, le dénivelé, le temps .. Et cette émulation compétitive (être dans la course) est un des facteurs qui peut maintenir l'envie et la motivation !!

Premier rebondissement : la pluie prévue pour la fin de nuit est déjà là, associée à un vent à décorner les vaches (même les normandes !!!), on amorce les arêtes d'Autannes en s'accrochant à nos bâtons (le protège sac de Séb a déjà été arraché!!) et demi tour, l'orga nous détourne directement par le sentier balcon vers la fenêtre d'Arpette !!!

Ah cette fenêtre!!
 Fenêtre vers la première base de vie de Champex . Son ascension se fit dans la tempête : les virages face au vent arc-boutés et fouettés par la pluie et les virages de dos à s'accrocher pour ne pas s'envoler !!
Le sentier n'est qu'un torrent d'eau glacée !! On arrive en haut transis, détrempés mais plein d'espoirs de retrouver une certaine chaleur à Champex !!
Nous serons la dernière équipe à passer, les autres étant détournées vers Bovine  !!
Anthony ne peut plus râler avec ses machoires gelées !!!

(Le Léon, celui de la Petite Trotte!!)


Champex / Bourg Saint Pierre :  grâce aux bénèvoles, à nos changes et à la soufflerie, on arrive à repartir sec vers Bourg. Il pleut sans discontinuer !!
Grosse ascension vers la cabane de Mille où autour d'un petit chocolat chaud, Lucio, le guide ultra présent, nous  apprend qu'on ne montera pas au Rogneux et qu'on se rendra directement vers Bourg !!! Trop risqué !!

Bourg Saint Pierre, où nous sommes la troisième équipe à arriver,  est un havre d'accueil et de chaleur humaine !!
Le propriètaire est tout simplement fantastique dans sa présence, son aide et sa gentillesse : on se change, mange royalement et on essaie de dormir. 
De toute façon, on est bloqué car l'orga n'a pas encore décidé si elle nous envoyait vers Hannibal, le col dévoreur de trailers !!!
On s'allonge mais pas moyen de fermer l'oeil, encore moins quand on apprend qu'on va affronter la bête, de  nuit avec peut être du brouillard !!!
A ce moment, je dis clairement qu'on fait une connerie d'y aller mais c'est là que la PTL est " border line !!" car pour avoir une chance de finir dans les temps, il faut affronter les passages critiques même au pire moment !!
La confiance de Séb et Antho et leur volonté ont raison de mon stress et nous voilà partis.
Il ne pleut plus ...
Plusieurs kilomètres de crêtes exposées forment un cheminement fantastique,   des traversées dans des chaos rocheux à la seule indication du GPS, une remontée de glacier et enfin une descente dantesque du col dans la plus grosse collection de caillasses jamais rencontrée !!! On l'a fait !!
Bon, Séb a cassé un bâton dans une des entrailles du monstre, va falloir trouver une solution...

(Hannibal de jour, alors de nuit !!)

On rejoint le fond de vallée, bivouac Molline, où dort l'équipe finlandaise et on s'apprête à remonter vers Champillon !!!

Et là, commence la première phase de la journée galère.
On se perd une première fois, on retrouve le sentier balisé qui correspond au roadbook mais pas à la trace GPS ni à la carte... On hésite, on jardine, on est fatigué ... Et on décide de suivre le sentier qui bientôt s'arrête pour reprendre normalement 300 m plus bas mais rien... Il fait nuit, on n'est plus sur la trace, plus sur le sentier : on est perdu !!!

Nos potes finlandais aussi.  Ils se sont réveillés, nous ont doublé et jardinent à leur tour en contre bas !!!!

J'appelle le Pc qui nous dit que le chemin (qu'on a déjà pris) est plus bas dans la vallée ...
La fatigue aidant ( le ciel étoilé était pour ma part qu'un ensemble d'étoiles filantes !!!), nous prenons la mauvaise solution de prendre un chemin descendant et à fond les ballons !!!

Si bien qu'on est toujours perdu mais 300 m trop bas, il faut remonter !!!

3h de perdu mais le jour levant nous permet de retrouver nos esprits et ...le chemin !!!

Champillon : polenta/saucisses et 30' d'arrêt !! (Trop peu pour la suite de l'histoire !!!)

Direction Etroubles avec une équipe anglaise qui veut faire la course !! Aussitôt dit, aussitôt fait, Anthony déguaine sa panoplie de sprinter de la Siouvillaise et c'est parti pour un 12 km/h .... En même temps, ça nous avance !!!


S'en suit une Enorme patate droit dans la pente pour retrouver les crêtes, ohh c'est haut, ohhh c'est beau !!!

Nouveau jardinage pour retouver les bergeries de l'Aar : ils sont marrants les gens du roadbook, on les connait pas ces bergeries !!!!

On se retrouve, on en remet une bonne vers la Pointe de Challigné où le panorama est grandiose !!!
Entre temps, Antho a récolté son génépi et on a pris quelques édelweiss en souvenir !!

(The panorama !!!!)

Direction refuge Fallère : une équipe italienne hyper performante nous dévore : ils ont l'air au top et italien donc ils connaissent puisqu'on est en Italie !! Donc je délaisse mon meilleur ami de la semaine (le GPS) et on suit !!!
Erreur: ne jamais suivre !! 
Et hop perdus, largement sous la trace !!! Au moins 1 h à jardiner parmi les myrtilles !!!

Il faut enchainer car un col difficile est à suivre et il faut mieux le passer de jour donc on ne s'arrête presque pas au refuge qui semblait pourtant bien accueillant !!

Ca monte, ca monte et tant bien que mal, on parvient au col. C'est ici que va commencer la portion métaphysique de la PTL : la descente ( heu qu'on croyait!!), la galère ...jusqu'à Morgex !!!!

Début, sans trop de problèmes, puis petit à petit, ça se complique sur le roadbook: "petit sentier oublié!!!, pente herbeuse !!!, cheminement délicat, trace gps à suivre attentivement !!" et ça se complique dans nos têtes : de drôles d'animaux apparaissent, des formes, puis des visages ...et ce qui est encore plus fou, c'est que tous les 3, on voit les mêmes choses : hallucinant !!! Non ???

Alors, ça devient un jeu, chacun y va de sa plus belle hallu. Perso, j'arrive à projeter sur le sol, les images que je désire et elles apparaissent  aussi nettes que sur une tablette !!!




Autant vous dire que le suivi du roadbook et de la trace Gps est délicate !!
Heureusement, deux équipes expertes (elles ont repéré l'ensemble du parcours !!) nous rejoignent et on les suit (énorme merci à celles-ci car on n'avait plus qu'à gérer notre "esprit").
De plus, le parcours proposé avant Morgex est .....chiant et on tourne autour et au dessus de Morgex pour ne jamais y arriver !!!
Malgré leur connaissance, nos ouvreurs perdent la trace et la toute fin du parcours se fera par la route ("n'allez pas sur la Nationale dira le Pc Course !! Ben non...)
Une fin de parcours surréaliste où Séb voit en toutes maisons des bases de vies accueillantes, où Anthony craque "un peu" et n'est pas trés correct (enfin moins que d'habitude..) avec l'orga et où les crocodiles, éléphants, yétis et autres bêtes locales nous accompagnent jusqu'à la salle des sports où Nadège nous attend depuis 8h!!!
Lasagnes, douche et 2h30 de dodo .....


La renaissance :

Nouveau réveil et là, tout change : il fait jour, on a retrouvé nos esprits et cette journée pourtant redoutée sera "un bonheur" : magnifique Val d'Arpy, les deux gros cols (Améran et Crosatie) passent sans trop de problèmes, un repas copieux à Planaval et une montée à un gros rythme au refuge del angeli !!! Ca farte !!!!





2h30 de dodo et départ aux premières lueurs du jour. Dommage, on n'aura pas l'occasion de voir ce promontoire de jour. Enfin...


Direction la Sassière, un des points chauds du parcours mais tout se passe bien. On aide une équipe italienne dont un des membres est scotché par de gros problèmes digestifs. On lui donne des médicaments qui apparemment bloquent les effets...au moins pour un moment.




La descente est problèmatique car ce n'est qu'un tas de cailloux, bordé par des barres rocheuses. Heureusement, le fond de vallée et sa rivière nous sert de repère. 


Le refuge du Ruitor nous tend les bras mais juste au dessus on s'arrête auprès de la stèle située à l'endroit où JC Marmier, le fondateur et traceur de la PTL, s'est éteint un mois auparavant... Même si nos pensées ont parfois été vives envers lui, c'est grâce à lui que nos pas ont parcouru ces traces et c'est à cause (ou grâce à lui) qu'on est allé si loin vers cette "border line" ...


On avance super bien, le moral est au top et le physique, extraordinaire machine, fonctionne toujours bien : cette nuit, ce sera Refuge des Mottets après une courte pause au Petit Saint Bernard !!! L'odeur de l'écurie commence à flirter à nos narines .... enfin à ce moment là, on le croit .....

L'Hospice du Petit Saint Bernard se présente à nous. Immense batisse qui sert de dernière base de vie.
Et là, interrogation : que faire ? Il est 16h, alors ?, prendre un petit repos pour enchaîner pour la nuit vers le refuge des Mottets mais en passant le dernier gros point (trés) chaud de nuit  ou se changer, refaire les sacs, manger et partir à l'assault du glacier en partie de jour ???

Un évênement va rêgler la question : un coureur se retrouvant seul (ses 2 coéquipiers ayant abandonné) cherche une équipe pour poursuivre l'aventure !!
Une a déjà refusé (pas cool) ????
Nous, bien entendu, on accepte ... 
Mais, on sent bien le truc : Denis, le coureur est "un tueur de PTL", déjà 6 fois finishers et il est avec son pote (Bernard, multiple possesseur de cloches) qui va (beaucoup) mieux après son abandon du début de semaine (donc hors course) !!
Donc, pour ne pas faire attendre ces messieurs et opter pour l'option de jour, on accèlère le rythme : le lapin chasseur est avalé, les sacs bouclés et gogogo vers l'Arguerey !!!

Ce qui devait arriver, se passa : dès le départ,  Bernard et Denis mettent un rythme d'enfer (impressionnant) et au bout d'une demi-heure, ils s'échappent pour vivre leur vie tranquillement et finir leur PTL .....

Ce départ en trombe a eu le mérite de nous amener assez rapidement au pied du col de l'Arguerey .... Bon, il pleut mais sans plus et en plus on nous a indiqué une météo "pas bien méchante avec quelques averses !!" mais la nuit approche. Il ne faut pas trainer pour, au moins, passer le glacier de jour et amorcer la descente avec un peu de visibilité puisque le roadbook indique : du col, viser les lacs !! Oui mais de nuit ????


(Arguerey de jour, alors dans la tempête, le brouillard et de nuit !!)

C'est parti pour un kilomètre vertical à fond où même le tueur des fougères a du mal à me suivre : c'est fou comme le stress et la motivation peuvent augmenter la performance !!! 
Le col est atteint et déjà ça se gâte : du vent, de la pluie, le brouillard et la nuit qui pointe !!
On traverse le glacier en courant et on se retrouve planté au sommet, dans la purée de pois, la tempête et le froid !!
On ne sait pas où aller, c'est l'enfer !!! Tout est blanc, venté !! Glauque !!!!
On attend un peu car une équipe nous suivait et on se dit qu'à plusieurs, c'est mieux !! Mais ... personne ??

Et là, c'est un sentiment rarement vécu (pour ma part) qui me submerge. Ce devrait être la Peur mais comme on n'a pas le temps de s'y attarder, celle-ci se transforme en énergie de survie !!'

Une trouée dans le brouillard nous indique l'amorce de la descente et comme un seul homme, on se jette en courant vers ces traces, on dévale les névés (deuxième session de ski pour Séb) et on se retrouve dans le noir devant des chaos d'énormes rochers parsemés de petits lacs !!!
Une seule solution : le GPS et sa trace qu'on suit au mètre près !! Et c'est la tempête, on est trempé, transis : faut qu'on avance et qu'on descende sinon ???

Appel au PC course : " c'est bon, vous êtes sur la trace, continuer à suivre la trace" : merci ...mais en même temps ils ne peuvent pas faire grand chose pour nous ...

C'est la nuit noire, le brouillard, Antho et Séb sont devant en éclaireurs et moi à l'arrière avec le GPS  pour indiquer la direction.
Le sol glissant, le gps en main et ces p.... de Hoka font que je me prends chute sur chute et pourtant il ne faudrait pas, en plus se blesser !!!

Je ne sais pas combien de temps va durer cette descente à l'aveugle ....et, comme par miracle, on aperçoit au loin un rectangle lumineux : une fenêtre !!!!!

C'est notre salut, on ne va pas y passer !!!! du moins aujourd'hui ....

Cette bergerie semble occupée et il faut absolument qu'on nous permettent de nous réfugier !!
Un jeune couple de berger y vit l'été dans 10m2. La bergère nous propose d'entrer et là, surprise, une équipe italienne est déjà installèe avec un des gars, pas du tout en forme !!!
Dans cette grange, on retrouve nos esprits, on retire nos affaires détrempées, on regagne quelques degrés et on essaie d'envisager la suite : ?????

Il doit être 22h. 
On nous dit qu'on est pas sûr de pouvoir nous héberger (ce couple s'est éloigné de la société et forcément quand il voit débarquer des sportifs "consommateurs "en péril, ça les fait rire et au bout d'un moment ça empiète sur leur espace vital !!) mais on insiste en indiquant qu'on veut juste être au sec .....

L'ambiance se détend, ils nous convient dans leur pièce, nous offre des pâtes, des oeufs nous racontent leur vie et leur vision de celle-ci. 
Echanges parfois surréalistes où nos collègues italiens racontent leur métier de "grilleur de poulet", pensent qu'Antho est assistant social (ben oui il travaille dans les travaux publics!!)  et où l'on sent qu'il est temps de "s'éloigner de l'espace vital du berger qui monte en pression !!)


On se retrouve donc à 3 sur un matelas 1 place avec 2 micro couvertures : ben oui,  les gars d'à côté ont pris 3 matelas et des grosses couvertures !!!
Donc,  on se débrouille avec nos restes d'affaires sèches et on sort l'abri de survie pour nous servir de couverture !!!
On caille, on mouille, on infuse (pas top la tente !!) sauf Antho qui s'est mis "au milieu" et qui ronfle comme un nouveau né !!!

Le jour pointe à nouveau son museau et il est temps de s'y remettre. 
(Les Crottes, notre radeau .....)

(col de l'ouillon)

On est samedi... on espérait arriver samedi mais il reste un paquet de cols et de kilomètres (l'Ouillon, l'Enclave, la Fenêtre, l'Aiguille Croche, le Mont Joly et ....le Tricot !!!!).

Joli programme !! On quitte donc le Hameau Les Crottes, ben oui !! 
Ca n'aurait pas été trés glorieux d'y finir au Hameau "les Crottes" !!

C'est parti pour un final dantesque : la fatigue est absente, les muscles répondent parfaitement, le moral du survivant est au top.
Un repas délicieux aux Mottets, hophophop, le Col du Joly pointe, on y apprend qu'on est la 12ème équipe à y arriver !!


Plusieurs sont là à se reposer (ben oui, elles n'ont pas passé leur nuit à l'étable !!) donc petit ravito et c'est reparti !!!
L'instinct guerrier s'empare de mes comparses, de vraies bêtes et nous voilà à un rythme digne d'un 60 bornes avec derrière nous une équipe italienne qui veut jouer (comme nous) !'

Cet esprit compétitif, certes peu adapté à l'éthique de cette course, a pour seul but de nous motiver et à avancer (et donc arriver) le plus vite possible. En finir !!!

Le Joly est gravi et descendu et nous voici au pied du Tricot, célèbre col de la TDS, qui fait office de juge de paix....
Antho le connait par coeur, Séb a une revanche à prendre et moi, de toute façon, il faut que je les suive ....
Vallée - sommet du col : 1h51' pour 1200m de D+. Pas mal pour un 6ème jour...
On rattrape nos amis transalpins qui, entre temps, nous avaient doublé (faisant grimacer qui vous savez ...).

Direction Bellevue et le final !!!
 Eh ben non, une dernière Marmier : un détour pour nous remonter, nous éloigner et nous faire emprunter un chemin de descente escarpé et interminable !!!

Les Houches, enfin. !!! Plus que 8 kms avant le bonheur ....
Et vla t y pas que l'équipe italienne nous revient dessus ...??? Pourtant avec notre rythme, ils ont dû y aller ....

On en rigole avec eux  et le côté ludique l'emporte : c'est fou, s'amuser à ça après 290 kms, c'est vraiment joueur, un trailer !!!

Ils nous dépassent mais leur démarche est ... chancelante ... Nous ça va ...
Il n'en faut pas plus à notre poupou pour avoir les yeux qui brillent : une petite Trotte pour finir, y a pas mieux comme hommage à cette GRANDE balade !!!

Et on Trotte, on Trotte, on Trotte, s'éloignant forcément de nos camarades scotchés !!!

On veut en finir ...

Les Gaillands : mon père est là !!! 
S'attendant à voir arriver des loques, il s'est dit : "je vais aller au devant et je les accompagnerai tranquillement " 
Mal lui en prit, le Michel est obligé de faire son premier footing depuis au moins ???? et le tout en polaire, doudoune. On a frôlé le drame !!!

Puis voilà, les rues piétonnes. Moment imaginé avant la course et à plusieurs reprises pendant comme arme de motivation !!!!

On trotte, il est 1h30, pas grand monde dans les rues (humblement, on s'était imaginé la foule en délire!!), les derniers mètres avant cette dernière ligne droite ... Il faut empoigner le Tonio qui veut finir en sprint (j' exagère!!). Stop !!!  On profite, on marche ...On l'a fait, on l'a réalisé ...

FINISHERS !!!!!


L'émotion est à son comble mais retenue ... Mes parents, Séb, le frérot arrivé brillamment quelques heures plutôt de son Utmb , Nadège, Sacha, Serge le cherbourgeois sont là, nous entourant, échangeant et partageant ce moment unique !!!

On l'a fait ....300km, 26000 m de D+, 30 cols en 128 h . Même nous, on en doutait au départ .. Et si ...
Pour parfaire l'histoire, nous sommes la 7 ème équipe à franchir la ligne sur 120 au départ, nous sommes la première complète à 3 et surtout nous sommes en forme : pas de blessures, pas de bobos, quelques ampoules mais rien .... 

C'est extraordinaire le corps et ses capacités (illimitées ??) et c'est surtout inimaginable ce que le cerveau, le mental,  peut nous pousser à faire !!!   A méditer ....



La fin de nuit nous fait retrouver un vrai lit mais le sommeil n'est pas là...

Dimanche : notre arrivée prècoce nous permet de faire nos achats souvenirs, d'accueillir les copains de l'Utmb et d'attendre la cérémonie des cloches !!!

Point final de la semaine Utmb, celle-ci récompense tous les finishers de la Ptl avec l'attribution de LA cloche !!
Cette année, le brouhaha  de ces quelques clarines étaient autant en notre honneur, les coureurs heureux,  qu'en celui de JC Marmier, le créateur de la course .... 
Emotion !!!!!!



Pour conclure ce roman qui va surement bousculer les prévisions de la rentrèe littéraire, la PTL est une course qu'il faut aborder ainsi mais non pas contre les autres équipes mais contre le temps et les obstacles qui se dressent devant nous !!
C'est une course car si on veut avoir une chance d'arriver, il faut rester dans le rythme et donc parfois se retrouver dans des lieux à des moments peu propices ...
Enfin, c'est une course car la PTL me fait l'impression d'une déferlante prête à t'engloutir et à laquelle il faut absolument échapper en avançant voire en fuyant !!!



Que faire maintenant ???

Se reposer oui,  mais .... contrairement à ce que certains prédisaient, la PTL ne sera pas notre jubilè.

 Nos yeux et cerveaux pétillent déjà vers de nouvelles aventures !!!!

Un énorme merci à tous ceux qui nous ont suivi, encouragé, supporté, accompagné .... et je crois que vous n'avez pas fini de nous entendre parler de cette aventure .....

Un énorme merci à la petite équipe de bénévoles (une vingtaine) qui nous a suivi, guidé, aidé et supporté toute cette semaine... Et vu le contexte, bravo..

Un énorme merci à mes 2 amis, camarades, partenaires, moteurs, béquilles pour ces moments à nous que j'ai partagé, un peu ... 
A nous 3, on a fait qu' 1 et c'est certainement là, la raison de notre rèussite !! Merci...


A suivre ....

(Crédit photo : Carole Pipolo et nous  ...)

8 commentaires:

  1. Je suis très fière et émus de ce que vous avez fait les gars je vous ai suivi tous les jours. J espère un jour vous rencontrer un jour dans différents trail du cotentin comme les crochus ou la belle étoile pour vous féliciter et échanger quelque mot bon repos à tous. FANOU

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  2. superbe aventure, félicitation

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  3. Respect et admiration, chapeau et a bientot sur les ptits trails de chez nous
    jerome

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  4. Bravo ! Belle aventure bien racontée.

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  5. Une conquête de soi incroyable , un vrai récit , une tension poignante vers l'accomplissement, une aventure humaine en trio unifié orienté vers le ciel sans fin des sentiers alpins...une odyssée des temps modernes avec les sirènes, les pièges et les dieux vengeurs des vents et de la pluie...immense effort d'aveugle dans la nuit des montagnes ...Vous êtes de vrais cyclopes !!!
    Que la vie conserve en vous ce mystère de la transcendance.
    à travers vous je salue tous ceux qui défient la pesanteur...
    Yves

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  6. Poignant ce récit, ça fait réfléchir à l'envie de prendre le départ de cette course difficile. Bravo à vous 3 ce doit être difficile de redescendre sur "terre" après avoir vécu cette expérience. A bientôt sur une course de la région. Bises

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  7. Bravo, LOÏC! tu fais rêver de vieux marcheurs pour un beau parcours, on parle de votre exploit pendant les randos carpentrassiennes, Evelyne Canaud

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